L’OBLIGEANCE DES PAUVRES
« Dans cette ville de riches où vivent tant de pauvres, nous avons besoin de lieux pour habiter le monde »

C’est le message qu’est venue délivrer la Coordination des Intermittents et Précaires*(1) jeudi 5 novembre 2009 à Bertrand Delanoë, lors de son compte-rendu de mandat public, dans la salle Olympe de Gouges (Paris 11). Belle occasion pour la CIP de se faire entendre, car c’est dans cette salle, en 2003, que la CIP se forma, et réussit, par sa détermination, à obtenir un lieu au 14, quai de Charente, aujourd’hui menacé*(2) (Paris 19).
Coordination des Intermittents et Précaires île de france
Depuis le 15 octobre 2009, la mairie de Paris menace d’expulser la Coordination des Intermittents et Précaires. Plus de six ans après le début de l’organisation collective des intermittents et précaires, malgré des actions de solidarité remarquables, une permanence sur les droits sociaux assurée chaque semaine avec des allocataires CAF et chômeurs Pôles emploi, des universités ouvertes, des créations théâtrales, une cantine, une bibliothèque, des courts de sports, toutes ces activités gratuites ou à prix libre qui prennent places en ces lieux, la CIP récolte la déconsidération de la mairie de Paris. Dans une lettre du directeur de cabinet du Maire de Paris*(3) datée du 8 octobre 2009, il est exigé que la Coordination quitte le lieu au plus vite. La Mairie motive cette expulsion par l’aménagement de la ZAC Claude Bernard et le fait que la CIP aurait refusé deux propositions de relogement. Tiens donc ! La CIP serait-elle une organisation sans queue ni tête ? Aurait-elle refusé un relogement pour le plaisir de vivre une expulsion ? Réponse des intéressés :
Voilà pourquoi nous n’acceptons pas les deux fausses propositions de « relogement » qui nous ont été faites. La première de ces fausses propositions visait à réduire l’espace social qui s’est créé à ce qu’il n’a jamais été : un simple bureau d’information, un supplétif des organismes sociaux défaillants, la seconde était soumise à la réalisation d’un contrat d’objectif incompatible avec l’autonomie de la CIP. La Ville finance des projets coûteux et élitistes tels le 104 rue d’Aubervilliers ou la future Halle Pajol. Paris a les moyens de concéder aux précaires des lieux d’organisation et d’activités. Pas d’expulsion sans un relogement qui permette le maintien et le développement des activités en cours. Ici ou ailleurs, le 14 quai de Charente doit vivre ! C’est tellement compréhensible qu’on se demande bien ce qui pose problème à la mairie de Paris. D’autant plus en écoutant certains propos de Bertrand Delanoë lors de cette soirée, sensée accueillir la parole des parisiens en difficulté : Espérons que ce ne soit qu’un saut d’humeur passager avant qu’une solution adéquate et pérenne soit trouvée, à défaut de quoi beaucoup de parisiens se verraient contraints de durcir « les méthodes de gauchistes » que certains semblent avoir renié au Conseil de Paris. L’équipe de Télé Liberté (1) Coordination des Intermittents et Précaires http://www.cip-idf.org/ (2) tract contre l’expulsion :


