PARIS, octobre 2009
Le foyer David D’angers
destruction/expulsion.

Quand on passe les portes du foyer David d’Angers dans le 19 ème, un homme fait griller des mais et d’autres discutent dans une petite cour délabrée. Foyer pour étranger depuis 1968, ouvert sur le site d’une ancienne usine, le foyer est aujourd’hui voué à être détruit. Seulement, les gestionnaires n’ont pas pris en compte tous les occupants et locataires dans le processus de relogement.

Quand on passe les portes du foyer David d’Angers dans le 19 ème, un homme - fait griller des mais et d’autres discutent dans une petite cour délabrée. Foyer pour étranger depuis 1968, ouvert sur le site d’une ancienne usine, le foyer est aujourd’hui voué à être détruit. Géré par l’association AFTAM, la mairie de PARIS, celle du 19 ème et la préfecture ; il a été décidé après plus de quarante années sans travaux de réhabilitation du bâtiment, de détruire ce foyer vétuste et de reconstruire deux types de logements, un foyer d’étrangers et un pour des femmes isolées. Seulement, les gestionnaires n’ont pas pris en compte tous les occupants et locataires dans le processus de relogement. Seul une soixantaine de personne ont été assurées de retrouver un lit dans le nouveau foyer et sont en attendant relogés. Oui mais 116 hommes qui vivent au foyer David d’Angers n’ont pas été comptabilisés. Ils sont des "surnuméraires" habitant le foyers depuis parfois plus de dix ans… Cheik Camara nous explique comment l’AFTAM gérait le foyer en encaissant les loyers de chacun. Le nouveau foyer sera privé de toute salle commune, comme la salle de réunion, la salle de classe, la cantine ouverte a tous etc… de toute vie commune. Mardi 27 octobre à 6h du matin le foyer AFTAM du 15 rue David d’Angers, Paris
19ème, a été entouré par plusieurs cars de police. Les résidents ont été divisés en groupes, coupés de leurs délégués, emmenés dans
des cars pour vérification d’identité. Leurs affaires entassées ont été portées
pêle mêle dans un garde-meuble. La préfecture en collaboration avec une organisation caritative à sa solde a
réussi à persuader une grande partie des résidents à accepter des "hébergements"
très provisoires qui ne peuvent vraisemblablement pas durer au-delà d’une
semaine. Le groupe politique "Organisation Politique" (ou son dernier avatar) s’est
révélé totalement "à distance de l’Etat" quand il s’est agi de couper les gens
de tout autre soutien et de les isoler ; et totalement en collaboration avec
l’Etat, lorsqu’il s’est agi de diviser les gens et de les empêcher de lutter. Malgré ces conditions difficiles, une vingtaine de résidents ont décidé de
résister, de rester devant le foyer pendant la nuit et d’appeler à un
rassemblement de soutien ce soir, mercredi 28, à partir de 17H. Nous demandons : Résidents du foyer David d’Angers, Comité de soutien, COPAF, Droit au
Logement… Un campement s’organise au foyer David d’Angers
15, rue David d’Angers,
Paris 19ème,
métro OURCQ, bus 75, 48 ou 60

que tous les habitants et occupants du foyer 15 rue David d’Angers soit
comptabilisés et pris en compte dans le relogement des anciens résidents avant
reconstruction,
que les plans de la nouvelle structure soient revus pour que le maximum
d’anciens habitants ou occupants puissent s’y intégrer,
que des relogements définitifs soient trouvés pour tous les autres anciens
habitants et occupants,
que des hébergements dignes soient proposés à tous entre temps,
que les occupants sans papiers du foyer soient régularisés,
que la Ville de Paris assouplisse ses "critères de prise en compte" des
surnuméraires lors de ses opérations de réhabilitation de foyers de
travailleurs. Nous refusons que notre statut "d’oubliés et de rejetés" de
l’opération de réhabilitation de David d’Angers soit vécu par de nombreux autres
occupants dans les opérations à venir.

