Café débat : (im)penser la différence

Bitin Caraibe - 5/12/2011
Image:Café débat : (im)penser la différence

Jeudi 8 décembre 2011
@ La Casa del Tango - Guadeloupe

Thème du café-débat du jeudi 8 décembre 2011 :

(im)penser la différence

Par Jacques Dumont.

Nous vous invitons à notre prochain café-débat qui se tiendra le jeudi 8 décembre 2011 à la Casa del tango, 651 rue Alfred Lumière à Jarry.

Nos pays, vieilles colonies, n’ont pas choisi l’indépendance comme voie de décolonisation contrairement aux colonies françaises d’Afrique et d’Asie. Même après d’importants mouvements sociaux, l’immense majorité de nos populations vote pour le maintien du statut quo départemental.

Quelle peut en être l’explication ?

On peut, selon des réflexes idéologiques habituels, condamner l’assimilationisme régnant aux Antilles-Guyane. Et si les choses étaient plus compliquées ? N’est-il pas stupide de considérer l’adoption de la loi d’assimilation de 1848 comme étant le fait de la trahison des élites représentées par Aimé Césaire ?

Le désir d’assimilation ne s’enracine-t-il pas dans l’histoire même de nos sociétés depuis au moins 1848 ? Dans son petit livre, La résistance au changement en Guadeloupe, (Ed. Nestor) Georges Trésor abordait déjà la question. Il nous semble important d’ouvrir un débat serein sur un tel problème.

Loin des certitudes idéologiques appauvrissantes, il importe aujourd’hui d’aborder la question de l’assimilationisme de façon plus profonde, en analysant l’extrême complexité de la dialectique de l’identité et de la différence. Voilà pourquoi nous proposons comme thème de notre prochain café-débat :

Thème du café-débat du jeudi 8 décembre 2011 : (im)penser la différence

Jacky Dahomay

La question du même et du différent est toujours au centre d’enjeux sociaux, mais pas nécessairement de débats, comme le montrent les multiples déclinaisons actuelles de l’universalisme et du culturalisme.

En France, la tradition républicaine ne tolère pas – en théorie – de différence entre ses citoyens. Or l’histoire antillaise s’est construire sur l’instrumentalisation d’inégalités, depuis les partitions instituées à leur théorique suppression.

Cet exposé n’a pas pour but de rappeler comment le système colonial impose son système de valeurs ou de références, mais plutôt de considérer comment celui-ci est incorporé et peine à rendre la différence véritablement opératoire. En se centrant sur le XXe siècle et en s’appuyant sur les contradictions et les accommodements particulièrement visible dans une histoire des corps (éducations physiques et sport, pratiques sanitaires et hygiénismes), il s’agira dans un premier temps, de resituer le besoin de se rendre conforme pour se faire admettre, en montrant qu’il n’exclut nullement l’existence d’autres pratiques culturelles.

Un second temps concerne la remise en cause des modèles exogènes, qui s’amplifie et se ramifie après 1948. Néanmoins, la quête d’alignement se retrouve sur un plan institutionnel. La difficulté à dépasser les cadres dominants de la politique peut ainsi être lue à travers une socio-histoire de la différence, aux Antilles, et des cadres cognitifs dans lesquelles elle s’inscrit. De la différence gommée à la distance revendiquée, il ne s’agit peut-être que de l’usage, inversé, des mêmes catégories de pensée.

Plutôt que de partir a priori d’une hypothèse d’aliénation, de la stigmatisation de groupes sociaux qu’elle recouvre et des risques d’anachronisme, cette intervention propose d’interroger les configurations qui rendent dominant ce désir de mimétisme ainsi que, malgré les conditions de son rejet, de la persistance de certains de ses comportements. La notion de retard, profondément ancrée, continue de prêcher insidieusement pour des schèmes de lecture qui interdisent peut-être de penser sereinement la différence.

Jacques Dumont
Professeur des universités
Directeur adjoint du laboratoire AIHP GEODE EA 929
membre de la société d’histoire de la Guadeloupe et de l’Association of Caribbean historians (ACH), ancien président du jury du prix Elsa Goveia de l’ACH, récompensant le meilleur ouvrage historien portant sur la Caraïbe.

Jacques Dumont a publié trois ouvrages et une quarantaine d’articles et de chapitres d’ouvrages collectifs sur l’histoire contemporaine des Antilles.

Dernières publications

Ouvrage

L’amère patrie. Histoire des Antilles françaises au XXe siècle, Paris, Fayard, 2010, 351 p.

Chapitres d’ouvrage

« Le corps, la santé le sport » in Bégot D (dir) « Guide de la recherche en histoire antillaise et guyanaise », éditions du CTHS, novembre 2011, p. 816-870

« Health in the French Antilles : The Impact of the First World War », in J. DeBarros, S. Palmer & D. Wright (eds.), « Health and medecine in the circum-Caribbean, 1800-1968 », Routledge Studies in the Social History of Medecine, 2009, n°33, p. 195-210

Articles

« La quête de l’égalité aux Antilles : la départementalisation et les manifestations des années 1950 », Le Mouvement social, n°230 janvier-mars 2010, p. 79-98

« La ‘famille’ sportive aux Antilles françaises », Outre-mers, T .97, n° 364-365, 2009, p. 107-125

Retrouvez toutes les informations du café-débat sur : www.kazatango.com

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 5/12/2011

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