Fukushima : Mettre la catastrophe sous contrôle citoyen

Bitin Caraibe - 4/05/2011
Image:Fukushima : Mettre la catastrophe sous contrôle citoyen

L’Appel de Fukushima
Un bouleversement politique s’impose !

Suite au silence de TEPCO et du gouvernement sur le déroulement de la catastrophe nucléaire, le gouvernement Japonais déclare « illégales » les informations sur Internet qu’il ne contrôle pas et prend des mesures pour effacer « toute information des sites internet que les autorités considèrent nuisible pour l’ordre public et la moralité »...

Aujourd’hui, il est manifeste que nous sommes soumis à une désinformation massive, à l’échelle mondiale. Au Japon d’abord, en France aussi, mais partout de fait, la gestion de l’information sur cette catastrophe majeure aura été rigoureusement contrôlée dès le départ.

Le scandale de ces pouvoirs militaires qui ont imposé le choix absurde et suicidaire de l’énergie nucléaire, et qui ne veulent pas réviser leur erreur même face à l’évidence, est une grande tragédie.

De toute évidence, un bouleversement politique s’impose. D’urgence, il faut mettre la catastrophe sous contrôle citoyen.

Nous, citoyens du monde,

Sommes extrêmement préoccupés par la gestion lamentable de la catastrophe de Fukushima par la firme TEPCO.

La firme a-t-elle voulu privilégier ses intérêts en visant une hypothétique remise en route de la centrale ? En tout cas, elle a agi dans le secret et n’a réuni qu’une partie des moyens pour préserver les riverains, le peuple japonais, l’ensemble des peuples et les écosystèmes de notre planète. Elle n’a pas appliqué le principe de précaution pour la prévention maximale du feu nucléaire et de la contamination de l’environnement.

En dépit de quelques protestations l’État japonais n’a fait que relayer les informations données par la firme, qui conduit ses actions de manière opaque. Des experts de divers pays ont été associés, sans prise sur les décisions. Les demandes des ONG présentes sur place, notamment Greenpeace et la CRIIRAD, pour une meilleure protection des populations et transparence dans les données, n’ont pas été plus entendues que celles des citoyens japonais.

Nous pensons qu’il y a urgence à ce que l’action de TEPCO soit placée sous contrôle international citoyen pour faire prévaloir les droits des humains et de l’environnement, de l’océan notamment.

Nous appelons les organisations citoyennes, les scientifiques, les États, les organismes inter-gouvernementaux, à un sursaut général pour exiger une prise en main internationale et civique de la réponse à la catastrophe de Fukushima et au delà, des établissements à risque majeur partout dans le monde.

Les États ont trop partie liée avec l’industrie nucléaire pour en être des freins efficaces. Les techniciens locaux ne peuvent plus être laissés seuls face aux difficultés, et sans instance de référence externe face aux incidents qui se multiplient et restent occultés.

La terre dans son ensemble est notre souci commun, elle constitue le socle de l’intérêt général qui doit prévaloir sur des logiques d’entreprise et les logiques étatiques de puissance. Il est temps que les citoyens puissent s’ingérer au niveau international dans les procédures d’expertises techniques qui président à la mise en place d’équipements qui compromettent son caractère habitable.

Les Nations Unies doivent aujourd’hui réorganiser la gouvernance de la catastrophe de Fukushima et prendre en compte toutes les coopérations techniques et politiques nécessaires, y compris non-gouvernementales. Ainsi pourra être préfigurée la mise en place de nouveaux dispositifs unissant scientifiques, techniciens et citoyens dans la prévention des risques majeurs et dans les choix industriels et énergétiques.


Premiers signataires :

 Liliane Alazraki, bibliothécaire, Marseille
 Denis Baupin, adjoint au Maire de Paris
 Jean Marc Adolphe, journaliste, directeur de Mouvement, Paris
 Jean-Paul Besset, député européen
 Thomas Berns, philosophe, université Libre de Bruxelles
 François Boué, physicien, CNRS, Paris
 Frédéric Brun, inspecteur général de l’Agriculture, Paris
 Carolina Cano, sociologue, Paris
 Dany Cohn-Bendit, député européen
 Dominique Voynet, médecin, maire de Montreuil ancienne Ministre de l’Environnement, France
 Michèle Collin, chercheur CNRS, Paris
 Antonella Corsani, Enseignant-Chercheur en Economie, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
 Emmanuelle Cosse, journaliste, conseillère régionale, Paris
 Monique Crinon, philosophe, Cedetim, Paris
 Pascale Criton, musicienne, Paris.
 Jean-Paul Deléage, physicien et historien de l’écologie, Paris
 Nicolas-Louis Duclos, PAST à l’université de Technologie de Compiègne (UTC)
 Patrick Dubreil, médecin, Paris
 Yann Fiévet, professeur de Sciences économiques, Arnouville
 Geneviève Fraisse, philosophe, CNRS, Paris
 Hélène Gassin, vice-présidente en charge de l’environnement, Région IDF
 Laurence Gavarini, sociologue et clinicienne, université Paris VIII
 Jérome Gleize, économiste, Paris XIII
 Barbara Glowczewski, anthropologue, CNRS/Collège de France, Paris
 Éric Guichard, directeur de programme au CIPh, Paris
 Pascal Houba, physicien, enseignant, Liège
 Yoshihiko Ichida, philosophe, Université de Kobe, Japon
 Rada Ivekovic, philosophe, Paris
 Ariel Kyrou, journaliste et chercheur, Paris
 Alvaro Luna Porras, étudiant, Antony
 Alain Mana’h, retraité militant de l’éducation populaire
 Valérie Marange, philosophe Paris VIII, Psychanalyste
 Mickael Marie, conseiller régional de Basse-Normandie
 Jean-Clet Martin, philosophe, Collège international de philosophie, Paris
 Georges Menahem, économiste, sociologue, CNRS MSH, Paris
 Didier Ménard, médecin, Saint Denis
 Pascale Molinier, psychologue, CNAM, Paris
 Ariane Mnouchkine, Théâtre du Soleil, Paris
 Frédéric Neyrat, philosophe, Paris
 Yann Moulier Boutang, professeur de sciences économiques, Compiègne
 Véronique Nahoum-Grappe, anthropologue, EHESS, Paris
 Peter Pal Pelbart, philosophe, université de Sao Paolo, Brazil
 Fred Périé, plasticien et Ingénieur, Arcueil
 Vincenza Perilli, philosophe, Italie
 Jean-Claude Polack, psychiatre, psychanalyste, Paris
 Beatriz Preciado, philosophe, université Paris VIII
 Anne Querrien, philosophe, urbaniste, Paris
 Dominique Quessada, philosophe, Paris
 Patric Rochedy, conteur, Saint Didier sur Doulon
 Sophie Roux, enseignant-chercheur, université de Grenoble
 Isabelle Saint-Saens, ingénieure, Lyon
 Anne Sauvagnargues, philosophe, PU université Paris Ouest
 René Schérer, philosophe, Paris
 Monique Selim, anthropologue, IRD Paris I, Paris
 Danielle Sivadon, psychanalyste, Paris
 Isabelle Stengers, philosophe, Bruxelles
 Claude Taleb, vice président de la Région Haute Normandie
 Jacques Testart, biologiste, Critique de la science, Paris
 Guy Trastour, psychanalyste, Paris VII
 Nathalie Trussart, université Libre de Bruxelles
 Jérôme Vidal, directeur de La Revue internationale des livres et des idées
 Patrick Viveret, philosophe, Paris
 Jérôme Valluy, sociologue, université Panthéon-Sorbonne (Paris 1)
 Christiane Vollaire, philosophe, Paris
 Pierre-Emmanuel Weck, photographe, Paris
 Charles Wolfe, philosophe, université de Sydney

Et les revues :

Chimères, Écologie et Politique, Écorev, Mouvement, Multitudes, Vacarme, Pratiques et le Syndicat de la médecine générale.

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 4/05/2011

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