Guadeloupe : un nouveau "séminaire", lieu de construction

Bitin Caraibe - 3/10/2013
Image:Guadeloupe : un nouveau "séminaire", lieu de construction

jeudi 10 octobre 2013, à 19 heures
à la Casa del tango (Jarry - Guadeloupe)

On peut ne pas y souscrire mais le diagnostic touchant les « sociétés démocratiques développées » est posé : épuisement des grands récits, éclipse du sens, désenchantement du monde ou retrait des dieux, triomphe d’un capitalisme devenu intégralement pulsionnel producteur d’une désymbolisation généralisée, montée d’un populisme générateur de « sociétés monstres », mais aussi les rigueurs fondamentalistes, menaces à peine voilées sous pluies acides et émission de gaz à effet de serre sur une planète décidément trop petite.

Pourquoi un séminaire ?

« Où que vous tourniez, c’est désolation » [1]

Chacun, de son lieu apprécie ce diagnostic. Et si les manières de s’y confronter appellent souvent des actions concertées à l’échelle du monde, elles renvoient surtout à une contextualisation disciplinée.

Qu’est-ce à dire ?

S’opposer au monde tel qu’il va ne peut pas simplement se contenter de la jactance militante, faites d’injonctions moralisatrices ou autres slogans faciles.
Parce qu’il voudra justement éviter cet écueil, le séminaire que nous voulons ouvrir entendra avant tout, être le lieu de construction d’un discours exigeant au plan théorique.

A quoi faudra-t-il donc se coltiner ? A ce qui du monde nous parvient et nous interpelle comme à ce qui de notre lieu nous interroge. Du monde nous parvient en effet le parfum rance du jasmin dans un printemps des peuples arabes aspirant à liberté, les mouvements tectoniques d’une Amérique latine inaugurant des expériences de démocratisations tout à fait inédites, des occupations de places publiques signifiant sans doute de reconquêtes de territoires à une échelle locale dignes du plus grand intérêt, la sortie de l’Afrique de la « grande nuit »… Mais aussi l’hypocrisie d’une diplomatie occidentale guerrière et propagandiste habile à justifier le pire au nom du droit et « des valeurs », les hystéries de la finance et ses discours de légitimation. On pourrait ainsi continuer à n’en plus finir…

De notre lieu, nous sommes sollicités par un réel qui n’arrête pas de présenter son visage le plus hideux. Des traits saillants se laissent percevoir. D’abord une violence exponentielle et qu’aucune autorité ne semble contenir, un antiintellectualisme traditionnel, et conséquemment une dévalorisation de toute parole savante. S’y ajoutent une désaffection de l’espace publique conjuguée à un recours systématique à l’Etat, foyer vers où convergents toutes les demandes sociales ; l’égocentrisme social d’une classe moyenne hégémonique illuminée par des produits de basse nécessité ; au total une dégradation continue du vivre-ensemble.

Ce paysage nous concerne et nous y sommes mais pas comme un « colroche » adhérent à son rocher.

Prendre du champ, avoir un point de vue et le faire savoir en élaborant un discours critique soucieux du lien à établir entre le monde et notre lieu, voilà le chemin que nous entendons tracer avec tous les bagages à notre disposition. Si la Guadeloupe est notre lieu, elle n’est pas notre horizon.

Le séminaire sera le lieu d’élaboration de ce discours critique assumant un intellectualisme trop souvent vilipendé. Ni discussions à bâtons rompus, ni simples échanges entre amis, il se voudra exemplaire d’une méthode.

Des textes en amont choisis en commun seront proposés à l’examen de tous. Et ceux-là seuls qui auront fait cet effort de lecture pourront prendre part aux débats. Les autres pourront bien sûr y assister.

Parce que le monde tel qu’il va, appelle davantage qu’une simple régulation, plus que jamais la question d’une vraie alternative se pose. Donner les armes à une critique qui sait faire plus que résister mais aussi et surtout inventer est d’une nécessité impérieuse.

Les membres du Café débat
Tony Albina, Michel Bescond, Jacky Dahomay

"Mais penserions-nous beaucoup, et penserions nous bien, si nous ne pensions pas pour ainsi dire en commun avec d’autres, qui nous font part de leur pensée et auxquels nous communiquons les nôtres ?"
Kant


La Casa del Tango

Espace climatisé avec parquet, terasse extérieure
Bar et restauration légère

Pour s’y rendre : en arrivant de Pointe à Pitre, prendre la première entrée pour Jarry. Au premier rond-point, devant Savima, prendre à droite la rue Alfred Lumière et allez jusqu’au bout de la rue. La Casa del Tango est sur la gauche au numéro 651.

651 rue alfred Lumière ZI Jarry
97 122 Baie-Mahault
Tel : 0690 99 50 21

Illustration : Emmanuel Kant, portrait peint, Wikimedia

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 3/10/2013

[1E. Glissant, Traité du Tout-Monde, Poétique IV, Gallimard, 1997, p. 15

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