Insecticides : pourquoi le chlordécone agite-t-il (encore) la Martinique ? - Libération

 2 mn

Face à la gestion sanitaire de l’Etat de ce produit phytosanitaire, reconnu comme cancérogène et perturbateur endocrinien, l’Agence régionale de santé et les députés exigent que lumière soit faite sur les pesticides.

Chlordécone, qu’est-ce que c’est ?

Le chlordécone (ou Képone) est destiné à éradiquer le charançon, un coléoptère coriace friand de bananes. Comme la plupart des pesticides organochlorés, il est « difficilement biodégradable et fortement persistant dans l’environnement », comme l’écrit Pierre-Benoit Joly, directeur de recherche à l’INRA, dans son document de 2010 intitulé « la Saga chlordécone aux Antilles françaises ». « Trois kilos de chlordécone épandus par hectare et par an ne s’éliminent totalement des sols qu’au bout de sept siècles », détaille l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques dans un rapport de 2009.(...)

Les interdictions successives

Malgré son interdiction aux Etats-Unis dès 1976, le produit a bénéficié d’une étonnante complaisance dans les Antilles françaises. Les professionnels de la banane obtiennent une première dérogation en 1981, après un ouragan ravageur. Le chlordécone finit par être interdit en 1990 par le gouvernement français.
(...)

Que reprochent l’ARS et les députés au gouvernement ?

Le chlordécone est considéré comme cancérogène et perturbateur endocrinien. Et pourtant, une décision de l’Union européenne, validée par le ministère de l’Agriculture, a autorisé le relèvement des limites maximales de résidu de chlordécone.
(...)

Un article de Balla Fofana
Libération — 30 janvier 2018

Mis en ligne par Bitin Caraibe
 12/02/2018

Voir aussi